Publié par : Janic | Lundi 10 décembre 2007

The faint – Agenda Suicide

Il y a trop peu de bons clips vidéo de nos jours. Ce monde de la musique est englobé par des vidéos sans contenu ou seulement beau esthétiquement. La rareté des clips avec une profondeur, une signification, fait que je ne peux passer sous silence l’excellent vidéoclip de The Faint nommé : Agenda Suicide. Ce clip présente plusieurs aspects très intéressant à traiter.

Tout d’abord, il y a la surproductivité des gens bien représentée tout au long de la chanson. Le personnage principal se fait crier après par son patron à la journée longue, preuve de l’oppression du capitaliste sur l’individu moyen. Une phrase de la chanson: « Did I waste my time, I think I did. I worked for life. » représente bien cette réalité. De plus, le personnage est présenté comme un individu faible, sans aucun pouvoir qui se retrouve dans la cave de la hiérarchie. « The drones work hard before they die. » supporte le fait qu’ils sont tellement manipulés par la société et par le capitalisme, qu’ils sont comparables à des robots qui vont travailler jusqu’à ce que mort s’en suive. Bien sur, cette supposition est exagérée, mais la société d’aujourd’hui pousse bien des gens au burn-out et même au suicide. La preuve, c’est que des chercheurs ont inventés une pilule afin de pouvoir réduire le nombre d’heures de sommeil nécessaires sans affecter l’être humain (voir l’article suivant : http://alexmedias.wordpress.com/2007/12/05/modafinil-la-pilule-du-futur/). Le seul moyen qu’il a de passer au travers de cette vis monotone, c’est de se gaver de plus en plus de pilules, ce qui crée en lui une dépendance. À remarquer, l’effet à la Requiem for a dream lorsqu’il prend ces pilules. Une dépendance, peu importe laquelle, est toujours néfaste pour l’état physique et psychologique, parfois déjà fragile, de quelqu’un.

De plus, nous voyons des gens se suicider les uns après les autres devant le métro. Ce genre de suicide est fréquent de nos jours, mais ces drames sont trop souvent portés sous silence. Il semble qu’un suicide dans un métro soit un sujet tabou de nos jours. Et nous n’avons pas besoin d’aller bien loin afin de s’en rendre compte. Ce fléau existe à Montréal : http://www.ledevoir.com/2005/11/22/95774.html. Le principal prétexte afin de cacher ces suicides … « la publicité incitait d’autres malheureux à passer à l’acte dans les jours suivants ». Comme si les gens qui songent au suicide seraient incapables de penser à se jeter en avant d’un métro d’eux-mêmes. Pour ma part, je trouve cette décision un peu ridicule. Le fait de cacher ce qui se passe n’aide pas les gens. S’ils veulent se suicider, ils trouveront un moyen. Il serait plus efficace de montrer quelqu’un qui a survécu à l’impact et qui a subit des séquelles permanentes.

Vers la fin du clip, l’environnement du métro se retrouve à l’intérieur d’une cage, qui ressemble étrangement à une cage thoracique. Un peu comme si les gens seraient destinés à finir leurs jours à l’intérieur de cet endroit. Quelques secondes plus tard, les gens sont représentés avec des têtes d’animaux. Ce mélange montre bien le côté bestial de la société moderne, qui ne pense qu’à sa survie et à son bien-être. Faire plus d’argent veut dire avoir une meilleure qualité de vie. Et dans le sein d’une entreprise, il n’est pas rare de trouver des gens en constante concurrence afin de se mériter une promotion juteuse.

À la fin du clip, le personnage se jette en avant du train et il se casse en mille morceaux. Est-ce une façon de montrer que ce n’est pas le métro qui l’a tué mais la société qu’y la détruit de l’intérieur? C’est à vous d’en juger.

Je voudrais terminer en glissant un mot sur l’aspect visuel. À mon avis, côté esthétique, son originalité et la manière dont il est monté font de ce clip l’un des plus beaux que j’ai vu. Il a un côté simple, souvent représenté en 2d avec de simples lignes et des formes remplies d’une couleur unie, mais je trouve que c’est ce qui fait sa force et son impact.


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